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vendredi 25 janvier 2013

Arrivé au Burkina




Ne connaissant que le Sénégal, j'étais curieux de voir le Burkina pour pouvoir comparer la culture africaine à la culture sénégalaise qui jusqu'à présent était indissociable pour moi de la culture continentale.
Bon alors on ne connait pas un pays en une semaine, donc voici juste 2 ou 3 différences à chaud :
Première chose, ici le nombre de motos et de scooters ! Jamais vu ça, 90% de 2 roues sur les routes ! Wahou, très peu de taxis comparé à Dakar et en plus ici ils sont verts !

Ensuite beaucoup moins de touristes ici , et donc de racoleurs et de vendeurs ambulants, et ça fait du bien !
Pour les constats négatifs, au premier abord la terranga (le principe d'inviter les inconnus à manger) à l'air moins développé ici, et dernière chose bien triste, la nourriture est beaucoup moins typique et malheureusement beaucoup plus « mondialisé », ainsi au lieu de boire de l 'excellent café Touba à base de café et de clou de girofle, les gens boivent ici du Nescafé.... Les dictatures des marques et de la publicité semblent plus instaurées ici.

Mon couchsurfeur est venu me chercher à l'aéroport, ce qui est très agréable avec son frère et l'un de ses amis. Ici le langage traditionnel est le Mourri et l'accent est un peu différent.

Le 2eme soir avec son ami Gazzy, on est allé voir un concert de musique touareg, et j'ai fini sur scène avec eux. Je n'avais jamais vraiment entendu ce style, mais en gros c'est l'esprit rock 70 chanté en arabe et avec des guitares désaccordés et au son " crado", donc je me suis tout de suite senti à l'aise. J'ai été assez relax ici, j'ai donc pris le temps de me relaxer et de visiter un parc de crocodiles, et le marché artisanal.... Je vais rester pas mal de temps au Burkina donc j'aurai le temps de mieux connaître la culture petit à petit.

jeudi 17 janvier 2013

Derniers instants au Sénégal


Me voilà donc de retour à Guediowaie, dans la banlieue de Dakar, chez un nouveau couchsurfeur super cool  qui s'appelle Lamine et a fait partie d'un collectif de hip-hop : https://www.facebook.com/xosluvision/info

Désormais seul, et moins occupé, j'ai mieux le temps de laisser le hasard se créer.
Ainsi en quelques jours, il m'est arrivé pleins d'aventures ! J'ai pu aider des pécheurs à remonter les filets, prendre des cours de musiques traditionnel, jouer une musique avec l'orchestre symphonique de Dakar (le niveau n'est pas trop haut), enregistrer une musique de hip-hop au violon, boire beaucoup de litres de thé avec des dizaines de personnes, faire de nombreux aller retour interminables pour me rendre à Dakar , échapper de justesse à un guet-apens tendu par des agresseurs, philosopher avec des personnes de tous les coins de la planète, voir des marabouts qui ont su me surprendre par l’exactitude de leur vision, devoir faire des sacrifices d'animaux suite à leurs demandes, dormir sur des toits...
Bref, tout cela a confirmé mon choix, mieux vaut ne rien planifier ici, car l’Afrique planifie les choses pour nous....


Les clandestins

Chaque jours je rencontre, ici, le même discours idéaliste sur la France : l'image d'un pays paradisiaque où tout le monde est riche et heureux et où tout est bien organisé...
Nombreux sont les clandestins qui tentent donc le voyage en chaloupe pour essayer de rejoindre cette "terre promise".
J'ai rencontré de nombreuses personnes qui ont tenté l'expérience, et qui en sont revenues ruinées, pour ceux qui sont revenus vivants.... Pendant ce temps des milliers d'autres rêves de tenter l'expérience au nom du "rêve européen"
J'avais écrit ce petit texte suite à l'une de ces rencontres:




Ami africain, ne commet pas l'erreur de vouloir devenir clandestin !
Troquer sa liberté contre un voyage en chaloupe... Quelle mauvaise idée !
Combien de personnes ont déjà perdu leurs économies, ou pire leurs vies.
Dans le but d'un destin meilleur.Quelle ironie...

En « Toubabie », les choses sont plus compliquées qu'ici :
Sans papiers sache que tu te retrouveras coincé,
dans le meilleur des cas exploité,
d'une mafia qui commercialise la liberté
des valeureux conquérants
qui se sont laissés tenter par ce monde rêvé.

Tes enfants ont plus besoin de toi
que d'un bout de papier,
qui, une fois encaissé,
ne pourra jamais racheter l'amour dans leurs cœurs brisés.

Ton objectif est pur,
mais tu te trompes de chemin
Utilise plutôt ton énergie à travailler dignement
et à apprendre à limiter tes besoins.

Tes enfants et ta femmes t'aiment,
dans un pays où la terranga existe,
que demander de plus à ton dieu
si ce n'est qu'il arrête de permettre aux passeurs
de continuer à vivre de leurs vices.

vendredi 11 janvier 2013

Fin du partenariat avec le projet Caravane d'images




J'étais venu en Afrique pour aider Léah dans son projet « Caravane d'images » qui consiste à faire des interviews d'artistes africains et à encadrer des ateliers de peinture.

Mon rôle était de la filmer et de l'aider dans les ateliers. Après un peu plus de 2 mois j'ai décidé d’arrêter.
Il faut savoir que tout ce projet est auto-financer, (sauf l'argent de PRODIJ qui permet d'acheter la peinture des ateliers), donc le billet d'avion, la nourriture, les déplacements, le logements, sont financés par nous.
Cet ambitieux projet mené par Léah est le sien, et j'ai accepté de l'aider bénévolement.
Toutefois je doit bien avouer que malgré tout, après 2 mois, l'aventure, la solitude, et l'imprévu me manque trop. Ce projet demande aussi un plus gros investissement que ce que j'avais pensé, et j'ai donc choisi d’arrêter, ne me sentant plus assez investi.
La courageuse Léah continue donc le projet, seule.

Même si je suis un peu gêné de partir de son projet avant la fin, je suis heureux d'avoir tenté l'expérience, car cela m'a permis de vivre des choses que je n'aurai pas pu vivre autrement.
Léah est un peu mon opposé en ce qui concerne la planification et l'organisation, et autant j'ai tout le long été impressionné par sa capacité de travail et sa parfaite planification des choses (et en Afrique ce n'est pas rien), autant cela m'a permis de comprendre que je restais un grand adepte du voyage «  à l'arrache ». 

C'est plus dangereux, moins confortable, mais cela me convient mieux. Peut être un jour lorsque j'aurai des enfants, j'aurai envie de m'investir de nouveau dans des projets humanitaires plus cadrés, et plus construits, autant pour l'instant j'ai encore envie de profiter de ma solitude pour faire confiance à la vie, et continuer dans ma façon de voyager qui est plus aléatoire mais aussi plus excitante et encore avec ma philosophie de vie.
Je lui souhaite bien du courage et de la réussite dans son beau projet que je vous conseille de suivre sur cette page, et reste admiratif devant son travail et sa volonté.


Le chantier de St Louis




Léah à trouvé un contrat avec le centre culturel français qui nous a logé dans ses luxueux locaux, en échange d'un travail de peinture sur fresque pour l'école de l'association "MERERUE" : (Maison d'Education et de Réinsertion des Enfants de la RUE ).
Celle-ci scolarise des enfants de quartiers populaires et leur permet de ré-intégrer un système scolaire" normal" après un à deux ans de prise en charge. 

Amina Sow Mbay, la directrice est une dame incroyablement positive, âgée de 72 ans, qui a eu une vie très remplie : elle a été écrivaine, championne du 500 mètres du Sénégal, mère d'une grande famille et a fondé cette école.

La tâche était donc de taille, puisqu'elle consistait à faire faire une fresque murale à des enfants de jeunes âges (5 à 7 ans) qui n'avaient jamais touché un pinceau de leur vie.
Les murs étant trop attaqués par le sel, nous avons dû effectuer ce chantier sur des planches de contre plaqué que nous avons accrochées au mur. La principale difficulté, c'est que les enfants, eux, ne parlaient pas le français (ici ils parlent Wolof). Parmi eux il y avait même deux sourds. Difficile donc de leurs donner les consignes... mais malgré tous le chantier c'est très bien passé.

Le 5ème et dernier jours, nous avons fini le chantier par un grand goûter avec eux.
Cette association Mererue est très sérieuse, et compte seulement une institutrice bénévole pour 60 élèves, donc si vous vous sentez l’âme généreuse, ou que vous avez envie d'aller donner un coup de main pour enseigner, n'hésiter pas, c'est sérieux.



mardi 8 janvier 2013

Touba



J'ai passé le 31 décembre au Magal de Touba avec mes couchsurfeurs.
Cette fête religieuse qui réunit des millions de Musulmans de courant Mouridiste principalement, se déroule donc dans la ville sacrée de Touba.
Le but est pour les croyants de rendre visite à leurs marabouts.
Celui-ci est pour eux un guide spirituel, auquel ils vont faire des donations, ainsi que se recueillir sur la tombe de Sérigne Touba, fondateur du Mouridisme.


Certaines personnes malgré leur pauvreté, n'hésitent pas à consacrer tout leur argent pour cette occasion. Nous voilà donc parti avec une voiture chargée de cadeaux et d'offrandes dont un bœuf et un mouton attachés sur le toit vivants pour nous rendre à la ville sainte qui se trouve 400 km plus loin.

Bien entendu les embouteillages et la circulation sont incroyables.... La façon de conduire des gens d'ici aussi.. Ainsi s'il y a trop de monde sur la route, les gens n'hésitent pas à rouler sur le trottoir, dans les fossés.... Il faut le voir pour le croire....



Arrivé là-bas, après de nombreuses heures de routes, on s'arrête chez le marabout de l'un d'eux pour lui offrir le bœuf.
Il nous accueille allonger sur son lit, tout le monde se prosterne devant lui....

Le mot « Marabout » vient du fait que les premiers blancs qui ont vu ces rites, ont comparé ces « guides religieux » au fainéant oiseau Marabout, qui passe son temps à dormir …. Il y a de quoi penser à cela en effet avec notre regard occidental.

Ensuite c'est partie pour plusieurs jours de cuisine et gavages culinaires, puisque tout le monde travaille afin de faire de la cuisine pour sa confréries.

Les hommes s'occupent de ramener de l'eau et des bœufs, des chameaux... les femmes de tuer les animaux et de les préparer.... Entre les deux, les gens trouvent le temps d'aller à la grandes mosquée de Touba pour ce recueillir....
J'ai eu l'occasion de parler avec le marabout de mes couchsurfeurs, et il ne m'a pas vraiment convaincu personnellement...

Bref j'ai apprécié la grande ambiance de partage , et de me perdre dans une foule complètement hystérique, mais j'ai eu plus de mal avec le concept de marabout qui reste assez énigmatique dans notre vision d'occidentale....

Ceux ci sont déjà tellement riches... il est donc étonnant de voir que ce sont ces gens bien plus pauvres qu'eux qui leurs offrent des offrandes... A croire que le schéma des « petits » qui donnent aux « gros » est un schéma universel qui rend les gens heureux ….