Avant de venir, je n'avais jamais entendu parlé des enfants Talibés.
A l'origine, ce sont des enfants qui apprennent le coran dans les écoles coraniques.
En général ce sont leurs parents qui les envoient loin de leurs villages, afin qu'ils puissent avoir une
éducation religieuse gratuite et apprennent à se débrouiller.
Parfois c'est aussi leur seul moyen de faire pour que leurs enfants puissent trouver de la nourriture.
Le principes des Daara a dérivé ces dernières années.
La plupart des enfants sont donc envoyés par leurs parents, qui bien souvent ignorent leurs réelles
conditions de vie très difficiles, les autres sont orphelins.
Les enfants, pieds nus, dorment par terre dans une petite case commune, sans couverture, parfois au
milieu des animaux et des déchets.
Levés à 5h du matin, ils prient jusque à 7h, avant d'aller mendier jusqu'à 10h, puis retournent étudier
le Coran jusqu'à 13h.
Ils mendient de nouveau et effectuent de petites tâches pour les commerçants contre un peu de nourriture.
A 17 h ils re prient et re étudient le Coran, en arabe, et le soir après avoir cuisiné la nourriture récoltée,
ils donnent au marabout qui s'occupe du Daara, tout l'argent qu'ils ont gagné durant la journée.
Parfois ils sont battus s'ils ne ramènent pas assez d'argent.
Suivant le marabout qui tient le Daara, les enfants ont plus ou moins d 'hygiène et des problèmes de santé.
Dans tous les cas, aucun n'ont de médicaments pour les soigner, de vêtements à leur donner,
souvent il n'y a même pas de toilettes ou d'accès à l'eau dans les Daara.
La propreté est donc très variable, et les enfants n'apprennent ni à lire, ni à calculer , ni à écrire.... sauf le
coran en arabe qu'ils apprennent à lire sans savoir le parler...
Pour se laver beaucoup d'enfants ne connaissent que l'eau de la mer, et idem pour les toilettes...
Bref, on pourrait presque parler d'esclavagisme moderne....
Les enfants Talibés sont au nombre de 15 000 au Sénégal, la plupart d'entre eux ont entre 4 et 18
ans mais la plupart n'ayant aucun papier, il est difficile de savoir leur nombre exact....
Aujourd'hui heureusement ils existent quelques associations qui essayent de les aider, mais elles restent
en nombres infimes par rapport aux nombres de Talibés.
Pour que les choses changent vraiment, il faudrait que les décisions viennent du gouvernement, afin
d'aider ces jeunes, et d'informer les familles dans les villages sur les réelles conditions dans lesquels ils vivent...
En attendant, plutôt que de rester passif, de nombreuses associations aident à leur niveau, en leur
fournissant des papier, les aident à se réinsérer ou simplement les aident en leur
apportant les soins minimum.
Chacun fait les choses à son niveau en fonction de ses connaissances...
Nous avons été logés en couchsurfing chez Daouda, un bénévole qui tous les matins donne des
soins à ces enfants, avec le peu d'argent que l'association récolte grâce aux dons, et donne aussi
quelques leçons d'école.
Durant mon séjour à St Louis, je l'ai donc accompagné durant de nombreuses matinées dans sa
tournée des Daara afin de l'aider à faire des soins de base.
On a organisé un atelier de dessin, avec des feuilles et des feutres, et actuellement ont leur prépare un
petit concert pour leur jouer la semaine prochaine.
Il était intéressant et triste de voir que dans les Daara où les enfants sont le plus malheureux, ils
ne dessinent que des moyens de transports, ou des villages éloignés, ce qui représente pour
eux, le rêve de partir, et leur double vie...
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